Par Mme Houyam EL KANDOUSSI
L’éclairage public est un levier essentiel du développement durable au Maroc, impactant à la fois la consommation énergétique nationale, la qualité de vie urbaine et la préservation de l’environnement. Si la technologie LED marque une avancée majeure, une transformation efficace exige une approche intégrée, combinant veille technologique, télégestion avancée et modèles de financement performants.
Le Maroc s’est fixé pour objectif d’atteindre 52 % d’énergies renouvelables d’ici 2030. Cette transition repose sur une réduction de la consommation énergétique, notamment dans l’éclairage public, qui représente une part importante de la demande électrique nationale.
L’éclairage public marocain fait face à plusieurs défis structurels :
Le réseau national compte 2,6 millions de points lumineux, dont seulement 10 % ont été remplacés par des LED. Le potentiel d’économies d’énergie est estimé à 1,5 milliard de dirhams par an.
L’absence de diagnostic précis, de schéma directeur d’aménagement lumière et de contrats de performance énergétique entraîne une exploitation coûteuse et peu performante du réseau.
Une gestion insuffisante du réseau d’éclairage peut entraîner une consommation d’énergie non optimisée ainsi qu’un impact sur la biodiversité. L’absence d’une réglementation approfondie sur la pollution lumineuse limite l’intégration des technologies les plus performantes, ce qui conduit à des investissements qui pourraient être mieux optimisés. Par exemple, certains appels d’offres dans la région de Casablanca, bien qu’inscrits dans une dynamique de rénovation, prennent encore peu en considération les critères de performance énergétique et les normes de réduction de la pollution lumineuse.
Au-delà du rendement lumineux, un autre indicateur essentiel est l’indice ULR (Upward Light Ratio), qui mesure la proportion de lumière émise vers le ciel. Un mauvais contrôle de l’émission lumineuse aggrave la pollution lumineuse, affectant à la fois l’efficacité énergétique et la qualité du ciel nocturne. Intégrer des optiques performantes réduisant les émissions indésirables permettrait de limiter cet impact.
L’insuffisance de la veille technologique dans les appels d’offres empêche l’adoption rapide de solutions plus performantes. Un cadre réglementaire plus exigeant devrait imposer des critères de performance basés sur le rendement lumineux, la consommation énergétique et l’impact environnemental, garantissant ainsi une modernisation efficace et durable du réseau d’éclairage.
Généralisation des solutions LED et structuration du réseau
L’adoption des LED doit être accélérée et planifiée selon une stratégie cohérente :
Intégration des technologies de gestion intelligente
Le Programme National d’Éclairage Public 2020-2040 vise une réduction de la consommation de 40 % en 10 ans et 60 % à long terme.
L’intégration de systèmes de télégestion permet :
Un modèle de financement durable et performant
Le principal frein à la modernisation de l’éclairage reste le coût des infrastructures.
Le modèle ESCO (Energy Service Company) est le plus performant, car il repose sur un principe de rémunération à la performance :
Ce modèle permet ainsi d’assurer une transition énergétique efficace, sans coût initial important pour les collectivités.
Pour garantir une modernisation efficace, il est essentiel de :
Une stratégie optimisée de l’éclairage public pourrait générer :
L’éclairage public doit être considéré comme un élément clé de la transition énergétique et non comme une simple dépense fonctionnelle.
Le Maroc doit accélérer sa transformation en :
En adoptant une approche stratégique et innovante, le Maroc peut faire de son réseau d’éclairage un levier majeur de développement durable. En intégrant des technologies avancées, en optimisant la gestion énergétique et en renforçant la réglementation, le pays peut garantir un éclairage public plus efficient, économique et respectueux de l’environnement, au bénéfice des citoyens et des générations futures.
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